États-Unis
L’assaut contre le Capitole, un acte d’une gravité sans précédent ?
Supporters de Donald Trump assemblés devant le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington DC, le 6 janvier 2021. © Samuel Corum/Getty Images/AFP
« On va marcher sur Pennsylvania Avenue. On va aller au Capitole. » Personne ne l’a relevé, mais c’est très explicitement que Donald Trump a invité ses partisans à avoir « l’audace » de pénétrer dans le Capitole pour « reprendre possession de notre pays ». L’historien de l’Antiquité Pierre Vesperini, lui l’a fait. Et cela a réveillé en lui la colère du citoyen et le souvenir d’une des plus célèbres conjurations de l’Antiquité, celle de Catilina, en 63 avant Jésus-Christ, dénoncée par Cicéron et rapportée par l’historien romain Salluste dans sa célèbre Conjuration de Catilina, écrite vingt ans seulement après les faits.
En liant les deux événements, Pierre Vesperini y trouve matière à une analyse politique vigoureuse : l’assaut contre le Congrès est un acte sans précédent dans l’histoire américaine parce c’est un acte de guerre civile qui émane du peuple lui-même. Mais aussi, selon Vesperini, parce que, comme la conjuration de Catilina, c’est le fruit de l’excès de patience, de passivité et même de lâcheté des élites républicaines et démocrates, du manque de lucidité de Joe Biden et des médias. Et l’historien et philosophe d’appeler à un réveil des consciences, car la démocratie n’est pas une « machinerie politique » qui fonctionne toute seule mais un régime qui exige l’intelligence des événements et le courage de l’action. Un texte à ne pas manquer !