Biologie
L’augmentation de la taille est-elle une loi de l’évolution ?
© Vincent Van Zalinge/Unsplash
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Contrairement à ce qu’affirmaient d’anciennes théories biologiques, l’évolution ne va pas seulement dans le sens d’une augmentation de la taille : elle peut aussi conduire à un rapetissement. C’est ce que montre une étude récente. Éclairage darwinien.
Les espèces ont-elles tendance à évoluer vers de plus grandes tailles ? C’est ce qu’affirme la « règle de Cope », attribuée à Edward Drinker Cope (1840-1897) mais dont le principe est en réalité formulé pour la première fois par le Suisse-Allemand Theodor Eimer (1843-1898) et par le Français Charles Depéret (1854-1929) dans Les Transformations du monde animal (1907). Cette loi, quoiqu’elle ne s’applique pas systématiquement, est observée dans un grand nombre de cas : celui des dinosaures, celui des invertébrés entre le Cambrien et le Permien, etc. Depéret qualifie ce principe de « loi d’augmentation de taille dans les rameaux phylétiques » : « Nous avons eu l’occasion de signaler […] le fait de l’augmentation graduelle de la taille des mutations d’un même rameau, en s’élevant des formes les plus anciennes vers les plus récentes. Cette loi […] est l’une des plus curieuses et des plus importantes par sa généralité, qui ait été mise en lumière par les travaux des paléontologistes modernes. Elle s’observe presque indistinctement dans toutes les classes du règne animal, mais elle présente des applications plus nombreuses et plus nettes dans le groupe des Vertébrés que dans celui des Invertébrés. »
Mais pourquoi donc les animaux grandissent-ils ? Si Depéret fournit peut d’explication, il faut supposer, d’un point de vue darwinien, que la grande taille représente un avantage évolutif. Or la grandeur est effectivement un atout de taille… à plusieurs titres. Un grand spécimen est souvent un spécimen plus fort, qui aura davantage de chance de s’imposer par rapport à ses rivaux dans les processus reproducteurs. Le volume offre également une défense contre les prédateurs potentiels, comme l’affirmait déjà Darwin dans L’Origine des espèces (1859) au sujet de la girafe : « Nous ne devons pas non plus oublier que le développement de la taille constitue une protection contre presque toutes les bêtes de proie. » La grande taille permet également d’accéder à des sources de nourriture nouvelles. Elle est aussi, en partie, la condition d’un développement plus poussé et plus intégré du système nerveux, donc d’une plus grande intelligence. Bref, la taille offre bon nombre d’avantages.