Air du temps

Laure Murat : “Je déplore les excès de la ‘cancel culture’ mais je ne peux m’empêcher de les comprendre”

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Londres (Angleterre), le 10 septembre 2020. Une statue de Winston Churchill sur Parliament Square taggée par des militants de la mouvance Extinction Rébellion

Londres (Angleterre), le 10 septembre 2020. Une statue de Winston Churchill sur Parliament Square taggée par des militants de la mouvance Extinction Rébellion. © Chris J Ratcliffe/Getty/AFP

Déboulonnage de statues, polémique Polanski aux César, cyber-harcèlement de J. K. Rowling… Chaque semaine, la « cancel culture » s’invite dans les médias. Au nom de principes féministes et antiracistes, certains militants demandent que des personnalités soient écartées de l’espace public pour faire advenir de nouvelles icônes et construire un autre récit historique, jugé plus égalitaire et inclusif. Dans son court essai Qui annule quoi ? (Seuil, 2022), Laure Murat, professeure au département d’études françaises de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), s’emploie à décrypter la raison d’être de ce phénomène. Tout en déplorant certains de ses « excès », elle estime que la « cancel culture » est « intéressante », au motif qu’elle propose une culture de la « responsabilisation publique ». Entretien.

Faut-il annuler la “cancel culture” ? Entretien avec l’historienne Laure Murat