Le big crunch n’aura pas lieu
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Cet article est issu du numéro 9 de Philosophie magazine « 9 - mai 2007 », en kiosque le 26 avril 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’« énergie sombre », composante majoritaire du cosmos, accélère son expansion. Elle s’oppose à la matière et à la gravitation. De ces deux mouvements inverses, dépend le scénario du futur : contraction ou délitement de l’Univers.
En 1998, une nouvelle entité a fait irruption dans la cosmologie, dont le nom n’est pas loin de rappeler celui des forces du mal dans La Guerre des étoiles : l’énergie sombre ou dark energy. En quelques mois à peine, son statut s’est amplifié : d’abord hypothèse audacieuse formulée par l’équipe de Saùl Perlmutter à l’université de Berkeley (Californie) pour expliquer des observations surprenantes – une luminosité inattendue des étoiles qui explosent –, elle est vite devenue le constituant essentiel de l’Univers, à hauteur de 70 % (le reste est fait à 10 % de matière ordinaire et 90 % de matière invisible (parfois appelée matière noire, à ne pas confondre avec l’énergie sombre). Aujourd’hui, un consensus règne parmi les astrophysiciens pour reconnaître son rôle et son importance.
Or, pour les modèles cosmologiques, en héritage direct de la théorie d’Einstein, la forme actuelle de l’Univers et son évolution future dépendent de son contenu. Que contient l’Univers ? Pour commencer, des -étoiles, galaxies, planètes. Ces astres se manifestent par l’attraction gravitationnelle qu’ils exercent. Mais très vite, les astronomes ont compris que la force d’attraction de ces objets brillants, donc visibles, ne suffisait pas à garantir la cohésion des galaxies, des amas de galaxies et des grandes structures de l’Univers. Alors ils ont supposé l’existence d’une matière invisible – qui ne brille pas, mais qui exerce aussi son attraction. Visible et invisible, la matière était toute-puissante… jusqu’à il y a une décennie. Elle pouvait s’opposer – plus ou moins efficacement, en fonction de sa densité – à l’expansion originelle de l’Univers (cette expansion s’accompagne d’un refroidissement progressif de l’Univers, dans le cadre du modèle du big bang qui suppose qu’à ses débuts, l’Univers a été très dense et très chaud).