Actualité
Le bonheur à portée de main
© Marion Rousset pour PM
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 16 de Philosophie magazine « 16 - février 2008 », en kiosque le 24 janvier 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Tout est dans le présent et dans la fuite de la souffrance. Loin de la jouissance grossière, le philosophe enseignait la recherche des plaisirs simples pour vivre en harmonie avec soi-même.
Thierry Marx : « Le mot de “démesure” est à bannir. »
Épicure, épicurisme : éternelles références quand on en vient à parler gourmandise ou gastronomie. Ces mots sonnent souvent comme une excuse, voire un encouragement à la goinfrerie. Et s’éloignent ce faisant de la pensée du philosophe… Car l’épicurisme, si je me souviens bien, prônait l’aptitude à se satisfaire de ce qu’on a, quand bien même ce serait peu. Aujourd’hui, une confusion règne : on mélange épicurisme et hédonisme. On camoufle les excès de la gastronomie derrière la pensée de nos illustres philosophes pour se donner bonne conscience et légitimer nos conduites. Arrêtons ces amalgames ! « Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent ne savent ni boire ni manger », disait joliment Brillat-Savarin dans sa Physiologie du goût. Dans la cuisine gastronomique, le mot de « démesure » est à bannir, contrairement à ce que certains petits consuls du monde gourmand aiment à faire croire, se réclamant d’un pseudo-épicurisme qu’ils assimilent faussement à une vaste goinfrerie. Bien sûr, Épicure faisait de l’homme un être de plaisirs. Mais de quel plaisir parle-t-on ? J’imagine que le philosophe antique visait cette capacité de l’homme à s’émerveiller, à retirer des satisfactions de choses simples, parfois infimes. Il disait même satisfaire son plaisir d’un peu d’eau et de pain. Je crois moi aussi aux plaisirs naturels et nécessaires.