Le désir d’infini

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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Maria Martins, “L’Impossible III”, 1946

« En 1923, Robert Desnos remarquait que, le premier, Sade “a considéré l’amour et ses actes du point de vue de l’infini”. De là, le tourment de ces libertins inquiets de ne rien trouver que le néant quand l’infini ne se cherche plus au ciel mais dans les souterrains de l’être. C’est d’abord à cette réappropriation des espaces paradoxaux que Sade nous convie, dès lors que les Enfers se vident avec le ciel, et c’est assez pour faire imploser sa prison et la transformer en forteresse du désir. Tous les enjeux de la modernité y semblent réunis. En particulier, quand Duchamp ou Picabia visent à soumettre le désir aux prestiges de la mécanique et du nombre dans le but d’en approcher la puissance excessive. Du Grand Verre de Duchamp, cherchant dans la transparence à élucider l’énigme du désir, à Picabia qui conçoit, lui, Le Paroxysme de la douleur, une machine dont la vis tourne dans le vide, ne reste que le désir comme grand inventeur de formes. Mais c’est cela, l’important.

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