“Le diable est-il dans les détails ?”

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© Séverine Scaglia

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Cet article est issu du numéro 125 de Philosophie magazine « Et vous, comment faites-vous la fête ? », en kiosque le 28 novembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Question d’Anne Solène

J’adore cette phrase, que l’on trouve dans le Zarathoustra de Fried­rich Nietzsche autant que chez saint Thomas (avec Dieu à la place du diable…). Je l’adore car on peut l’entendre en de multiples sens, parfois diamétralement opposés. Elle pourrait signifier que l’essentiel se loge dans les détails, auxquels il faudrait alors prêter une attention maximale. Cette idée pourrait être partagée aussi bien par Freud que par Sartre, ou par n’importe quel artiste ou artisan perfectionniste. Selon Freud, les détails peuvent être éminemment signifiants, révéler la force d’un désir refoulé, d’une vérité inconsciente. Selon Sartre, ils dessinent le projet d’une vie en train de se préciser, d’une liberté en train de s’inventer, de s’arracher au néant. Une manière de passer sa main dans ses cheveux, de marcher dans la rue ne sont alors en rien insignifiantes ; elles ont du sens : le diable, comme le bon Dieu, la vérité ou la beauté, sont bien dans les détails. Dans le détail d’une gargouille de la basilique de Saint-Denis, on pourrait voir toute sa beauté ramassée. De même, dans la cosmogonie de Leibniz, chaque partie contiendrait le Tout ; bref, le diable (ou Dieu) serait dans les détails. 

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