Le genre, bon à penser

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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Liées au mouvement féministe américain, les gender studies ont bouleversé les sciences sociales. Partant de l’idée que les rapports entre les genres sont indissociables d’enjeux de pouvoir, ce champ d’études est à l’intersection du savoir et du militantisme.

Simone de Beauvoir l’avait d’abord posé en 1949 : « On ne naît pas femme, on le devient. » La différence des sexes n’est pas une donnée de nature : elle est construite par la socialisation. Et ce qui est vrai pour les individus ne l’est pas moins au niveau collectif : féminité et masculinité sont des constructions historiques. Chez les féministes américaines des années 1970, lectrices de Lévi-Strauss à l’instar de l’auteur du Deuxième sexe, ce postulat reprend l’opposition entre culture et nature pour distinguer le genre du sexe.

La notion de genre est empruntée aux psychologues John Money et Robert Stoller qui, dès les années 1950, s’intéressaient aux cas de discordance entre le sexe biologique et l’identité de genre, aux intersexes, aux transsexuels ou transgenres. Mais si psychologues, ­psychiatres et psychanalystes s’employaient à remettre les choses en ordre, en normalisant le sexe pour l’aligner sur le genre ; en revanche, pour les féministes, le genre est un outil critique. Il vise à dénaturaliser la différence des sexes qui enferme les femmes dans l’évidence conservatrice d’un ordre sexuel qui est aussi l’ordre des choses.

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