Le graphique/Catholiques et protestants, la fin d’un schisme ?
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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans un essai intitulé Le Nouveau Pouvoir (Médium-Éditions du Cerf), Régis Debray voit dans l’élection d’Emmanuel Macron la victoire de la culture du néoprotestantisme américaine (sans frontières, sans églises et sans territoire) dans l’un des derniers bastions de culture politique catholique, attachée aux institutions, à l’État et aux frontières, la France. Et de relever tout ce qui, chez le nouveau président, se rattacherait à la culture protestante : la moralisation et l’idéal de transparence, issu en droite ligne de l’examen de conscience quotidien auquel Luther appelait le croyant en proie à l’incertitude sur son salut ; la valorisation du travail et du succès économique, issus, comme l’a montré Max Weber, de l’ascèse intramondaine du réformé ; la désintermédiation numérique et le court-circuit des institutions, visage contemporain du calviniste « branché directement sur le Saint-Esprit » ; sans oublier la référence au philosophe protestant Paul Ricœur, adepte d’éthique et de compromis. L’hypothèse est stimulante. Elle convainc encore plus quand Debray rappelle le mouvement de conversion au protestantisme évangélique qui gagne la France des banlieues et que notre focalisation sur l’islam nous fait négliger.