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Le Léviathan, modèle caduque pour nos démocraties…

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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Hobbes n’est pas vraiment démocrate, et il avait une vision trop noire de l’animalité… Malgré les critiques que son modèle suscite, il n’en reste pas moins une référence incontournable quand l’Histoire tourne au chaos.

« Dans le domaine des relations internationales, deux visions s’opposent pour orienter les choix de politique étrangère : celle de Hobbes et celle de Kant. Un partisan de Hobbes considère que les rapports entre États correspondent à la « guerre de tous contre tous » et qu’il n’existe pas de juridiction supranationale suffisamment légitime pour trancher les différends. C’est un pragmatique qui n’hésite pas à prendre les devants, à préconiser les conflits préventifs pour faire respecter la souveraineté nationale. Le diplomate kantien, lui, fonde son approche sur la morale et plaide en faveur d’une justice universelle et d’institutions multilatérales, à l’image de l’ONU. Cependant, cette divergence n’est qu’apparente : après tout, Hobbes et Kant partagent le même objectif (la paix) et tous deux croient à la force de la loi. Surtout, Hobbes ne s’intéresse pas à la nature des acteurs et à leurs différences – dans l’état de nature, les protagonistes sont égaux – alors que ce problème est central aujourd’hui. Les États-Unis constituent de fait la seule superpuissance, et ce dans la mesure où les pays européens refusent de prendre leurs responsabilités dans la gouvernance mondiale. L’Amérique est critiquée pour son prétendu impérialisme, mais elle seule est capable de fermeté pour défendre les démocraties contre les dictatures et les dangers qu’elles occasionnent. J’estime que Hobbes, philosophe européen que l’on présente souvent comme le père fondateur du réalisme en relations internationales, n’est d’aucun recours parce qu’il n’offre aucune solution au principal défi actuel : garantir de manière raisonnable la pérennité et la puissance du modèle démocratique. »

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