Hors-série "Le tremblement de terre de Lisbonne"
Le tremblement de terre de Lisbonne vu par les philosophes des Lumières
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du Hors-série n°N°32 de Philosophie magazine « Les Lumières. Face au retour de l’obscurantisme », en kiosque le 31 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le 1er novembre 1755, la capitale portugaise est dévastée par un terrible séisme. Au-delà de Lisbonne, épicentre du débat qu’il déclenche, l’événement secoue toute l’Europe, qui voit les philosophes s’affronter sur la question de la Providence et du mal.
L’ironie est cruelle : en ce vendredi 1er novembre 1755, jour de la Toussaint, Lisbonne, capitale florissante et bastion catholique, fête ses morts… Vers 9 h 45, survient une première secousse d’intensité limitée, comparée par des témoins à un simple roulement de carrosse. Quand la terre tremble à nouveau, le chaos commence. Des édifices s’effondrent par centaines, un nuage de poussière obscurcit le ciel. Après un troisième ébranlement, un gigantesque incendie se déclare. Comble d’infortune, un tsunami déverse des vagues de plus de cinq mètres sur la ville. D’une magnitude difficile à établir, le séisme, terrible, provoque des ravages considérables – quartiers entiers dévastés, myriades d’églises et de palais détruits. Quant aux pertes humaines, l’article « Lisbonne » de l’Encyclopédie situe entre 15 000 et 20 000 le nombre des victimes – 60 000 selon les estimations actuelles. L’événement, massivement relayé par les gazettes, connaît un retentissement considérable ; une onde de choc se répand dans toute l’Europe.