Le livre du jour
“L’Empire du non-sens”, de Jacques Ellul
© Éditions L'Échappée
Bien que peu connu du grand public, Jacques Ellul (1912-1994) est pourtant un brillant et redoutable penseur de la technique et de l’emprise de plus en plus systématique qu’elle exerce sur toutes les dimensions de notre existence. Un peu plus de quarante ans après sa première publication reparaît L’Empire du non-sens (L’Échappée, 2021, 288 p., 20 €), qui s’interroge sur le rôle que l’art joue désormais dans le contexte d’une société envahie par la technologie et constamment soumise à l’injonction de l’efficacité.
Le diagnostic que porte Ellul est sévère : loin d’offrir l’espace de contemplation ou de méditation qu’on pourrait attendre de lui, l’art contemporain apparaît « totalement intégré au système technicien, exact reflet de cette technique, de sa perfection glacée, de son insignifiance, de son efficacité absente, de son indifférence au plaisir, à la beauté, à la souffrance ». À qui la faute ?