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Les échanges favorisent-ils la paix ?
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Cet article est issu du numéro 138 de Philosophie magazine « 138 - avril / mai 2020 », en kiosque le 26 mars 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Analyse des termes du sujet
« Les échanges »
Tout ce que les hommes peuvent se donner réciproquement et qu’ils jugent équivalents : biens matériels ou immatériels.
« favorisent-ils »
Permettent l’avènement, renforcent les conditions, encouragent le développement.
« la paix »
Absence de troubles entre États, rapport calme entre citoyens, concorde entre les hommes.
Défrichage
Premières intuitions
Les échanges permettent a priori d’entretenir des relations avec les autres et de se rapprocher d’eux. Ils favorisent l’entente entre les peuples en les rendant interdépendants. Mais les conditions de l’échange peuvent être défavorables et ne bénéficier qu’à l’une des parties.
Il importe donc de fixer les conditions justes de l’échange. Par exemple, par contrat, afin que celui-ci ne masque pas des privilèges qui conduiraient à la guerre. Mais le conflit des intérêts tend à falsifier le contrat qui ne sert alors que le plus fort.
Pourtant, on voit mal comment l’homme, qui ne peut satisfaire ses besoins tout seul, pourrait se passer d’échanger. Animal sociable, il ne peut s’empêcher de parler, de commercer, de se reproduire. Les échanges sont donc une nécessité pour son épanouissement.
Exemples qui viennent à l’esprit
L’épisode biblique de la tour de Babel montre que les échanges linguistiques sont nécessaires à la construction d’un projet commun. Les ouvriers de Nimrod mirent en chantier cet édifice que leur roi voulait hisser jusqu’au ciel pour défier Dieu. Mais Dieu les châtia en divisant les langues, rendant leur travail impossible et leur discorde croissante.
Le commerce triangulaire signale une ruse dans les échanges : contre de la pacotille, les colons s’approprient des prisonniers africains qu’ils revendent en Amérique comme esclaves. La nouvelle Tamango (1829) de Prosper Mérimée dénonce cette ruse en racontant la rébellion des Noirs contre les esclavagistes lors de leur traversée de l’Atlantique.