Le décryptage
Les énergies fossiles sous perfusion
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Cet article est issu du numéro 173 de Philosophie magazine « Peut-on être en accord avec soi-même ? », en kiosque le 21 septembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Subventions « explicites » (directes) aux énergies fossiles (en dollars)
2015 400 milliards
2018 600 milliards
2021 700 milliards
2022 1 300 milliards
Subventions directes par pays
Chine 270 milliards
Arabie saoudite 129 milliards
Corée du Sud 65 milliards
France 18 milliards
Part des subventions par source d’énergie
Gaz naturel 48 %
Pétrole 26 %
Électricité 25 %
Charbon 1 %
Types de subvention
Aides aux ménages 97 %
Aides aux producteurs 3 %
Les subventions aux énergies fossiles ont atteint des records en 2022, selon un rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI) le 24 août. Les subventions « explicites » – c'est-à-dire directes – aux énergies fossiles sont ainsi passées de 500 milliards de dollars en 2020 (soit 0,6 % du PIB mondial) à 1 300 milliards l’an dernier (1,3 %). Pour l’essentiel, ces subventions sont des aides financières accordées aux ménages afin de compenser la flambée des prix liés à la guerre en Ukraine et de maintenir la consommation. Le bilan est plus sombre encore si l’on tient compte de l’ensemble des subventions « implicites », qui consistent à ne pas répercuter sur les prix les « énormes coûts environnementaux » des industries fossiles. Si l’on inclut ces coûts, le montant total des subventions atteint 7 000 milliards de dollars en 2022 (c’est-à-dire 7,1 % du PIB mondial). Un montant bien plus élevé que celui des dépenses annuelles d’éducation (4,3 %). Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer une sortie à court terme des énergies carbonées. Le FMI lui-même appelle pourtant à un changement de stratégie : « Si les pouvoirs publics éliminaient les subventions explicites et mettaient en place une fiscalité corrective, les prix des combustibles augmenteraient. Ce renchérissement inciterait […] à prendre en compte les coûts environnementaux. » Pour l’institution, « il en résulterait une baisse notable des émissions de dioxyde de carbone, une amélioration de la qualité de l’air, une diminution des cas de maladies cardio-pulmonaires », ce qui réduirait à terme les dépenses de santé.