Le décryptage

Les Français à livre ouvert

Temps de lecture : 2 min

Cet article est issu du numéro 149 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

> Ils déclarent avoir lu au moins un livre :
87 % des Français en 2021
92 % des Français en 2019
> Les Français ont envie de lire plus de livres…
57 % des Français en 2021
69 % des Français en 2019
> Les Français lisent pour…
Approfondir leurs connaissances : 24 %
Se détendre : 23 %
Se faire plaisir : 20 %
> Parmi les catégories les plus plébiscitées…
Les romans : 67 %
Les livres pratiques : 49 %
Les livres d’histoire : 45 %

 

Les Français auraient lu moins de livres en 2020, selon le résultat de l’étude « Les Français et la lecture » réalisée par l’institut Ipsos pour le Centre national du livre et parue fin mars. Pourtant, les habitants de l’Hexagone restent de grands lecteurs. 87 % d’entre eux déclarent d’ailleurs avoir lu au moins un livre lors des douze derniers mois. Cependant, cette proportion est en baisse de 5 points par rapport à 2019, en particulier chez les 25-34 ans (-11 %). En cause : la fermeture des bibliothèques et des librairies pour raisons sanitaires, ainsi que la disparition des temps de trajets – moments souvent consacrés à la lecture. La concurrence des autres supports de lecture – la presse en ligne notamment – fait aussi partie de l’équation pour 45 % des Français. Ils sont un tiers à avoir le sentiment d’avoir moins lu en 2020, et une nette majorité d’entre eux regrette de ne pas avoir eu le temps de lire autant qu’ils l’auraient voulu. Avec la pandémie, nos intérêts ont également changé : « Les Français ont probablement eu envie de mieux comprendre le monde et de décrypter la crise que nous avons traversée : ils ont lu davantage de livres de reportages et d’actualité (essais, biographies…), mais moins de romans (-7 points) et de livres pratiques (-7 points) », analysent les auteurs de l’étude. 

Gardons-nous pourtant d’opposer les genres. Un philosophe comme Sénèque n’y aurait pas songé. Pour lui, il y a quelque chose à tirer de toute lecture, ou presque : « La lecture, à mon sens, est nécessaire, d’abord en ce qu’elle prévient l’exclusif contentement de moi-même ; ensuite, m’initiant aux recherches des autres, elle me fait juger leurs découvertes et méditer sur ce qui reste à découvrir. » Théoricien d’une éthique de la lecture, le stoïcien considère que lire nous permet d’échapper aux limites étriquées de notre existence. Les lecteurs « mettent à profit leur existence, mais ils y ajoutent celle de toutes les générations. Toutes les années qui ont précédé leur naissance leur sont acquises ». En multipliant les perspectives, la lecture enrichit effectivement notre compréhension du monde. Raison pour laquelle elle est, aux yeux de Sénèque, l’un des biens les plus… essentiels !