Spécial législatives

Les noces de l’ordre et du chaos

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Les noces de l’ordre et du chaos

© Alain Guilhot/Divergence

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Cet article est issu du numéro 181 de Philosophie magazine « Peut-on devenir meilleur ? et si oui, comment ? », en kiosque le 11 juillet 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À l’heure où nous rédigeons ces pages, nous ne connaissons pas l’issue des élections législatives. Nous commenterons celle-ci sur philomag.com, où nous n’avons de cesse de traiter la crise politique en cours. Certaines conclusions s’imposent néanmoins dès à présent : la progression du Rassemblement national exprime deux pulsions politiques apparemment contradictoires, un désir d’aventure et une demande d’autorité. 

 

Dans la mythologie, le roi des dieux interdit à Pandore d’ouvrir la boîte qui contient les maux de l’humanité. Dans la réalité politique de 2024, c’est « Jupiter » lui-même qui la brise. En annonçant des élections anticipées, Emmanuel Macron a libéré les passions politiques les plus enfouies. Panique, colère, anxiété, rage de vaincre, joie de s’unir, désir de tout changer s’entremêlent. C’est d’ailleurs le calcul du président : face à ce tourbillon d’affects, qui ferait courir un risque d’isolement ou de déclassement du pays, il prétend incarner la raison. Avant de sauter dans l’inconnu, pense-t-il, on réfléchit une dernière fois et on finit par opter pour ce qu’il y a de plus raisonnable. Mais le pari est perdu. 

Comment expliquer, en effet, la constante progression du Rassemblement national (RN), qui passe, élection après élection, des paliers que l’on pensait infranchissables ? Fouillons dans la boîte de Pandore… Deux pulsions principales animent le choix pour le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella : d’un côté, un goût de l’aventure et du chaos, de l’autre, un désir d’ordre et d’autorité. 

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