Documentaire

“Les Petits Mâles” : génération conscientisée ?

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“Les Petits Mâles” : génération conscientisée ?

“Les Petits Mâles” (2023), documentaire de Laurent Metterie. © Lam Produxion

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Le réalisateur Laurent Metterie et la philosophe Camille Froidevaux-Metterie poursuivent leur réflexion sur le rapport des hommes aux combats féministes en allant interroger les plus jeunes d’entre eux dans le documentaire Les Petits Mâles, actuellement au cinéma.


 

  • Ces « petits mâles » sont d’abord nés d’un étonnement ! Dans leur précédent documentaire, Les Mâles du siècle, le réalisateur Laurent Metterie et la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, conseillère scientifique sur ces projets, ont interrogé des hommes de 17 à 95 ans sur leur rapport au féminisme, pensant découvrir à travers leurs histoires la marque d’un basculement de génération bien ancré en faveur de l’égalité, contre le sexisme, ainsi qu’une sensibilité certaine à ces enjeux politiques. Mais… pas vraiment, hormis chez les plus jeunes d’entre eux. C’est aujourd’hui cette cohorte la plus juvénile composée de garçons de 7 à 18 ans de milieux variés, que le cinéaste et la philosophe sont allés rencontrer dans Les Petits Mâles, sorti ce mercredi 29 novembre au cinéma.
  • Thématisé – le travail domestique, l’amitié et l’amour, les violences sexuelles, le genre et les combats LGBT+… –, ce nouveau film est entrecoupé de témoignages de femmes plus âgées, qui relatent leur expérience et accentuent le contraste entre les générations. Car, outre la grande diversité des profils, ressort pour ces jeunes hommes l’évidence des sujets abordés, dont ils paraissent familiers et qui ne sont plus pour eux des « problèmes ». Ils paraissent entretenir un rapport plus douteux (et donc plus mature), à ce que signifie être homme ou femme, pour la société et pour soi-même.
  • Le travail de Camille Froidevaux-Metterie, qui a notamment conçu le questionnaire adressé aux jeunes hommes filmé par son mari Laurent, porte sur ces mutations du féminisme et ces sensibilités nouvelles. Elle a notamment retracé l’histoire philosophique et politique de la lutte pour l’égalité et contre le sexisme, en insistant sur la place nouvelle que prend aujourd’hui le corps des femmes, à travers ce qu’elle a appelé la « bataille de l’intime » – qu’il s’agisse des règles, de la maternité, de la sexualité – et dont les hommes ne sont pas exclus ! Bien au contraire, comme elle le souligne, ils sont nécessairement partie prenante de ce moment de transformation sociale afin d’en finir avec la représentation d’un corps féminin disponible, ainsi qu’avec la « guerre des sexes », précisément.
  • Le film a été montré un peu partout en France. Il est destiné à l’être encore, dans un but pédagogique. Les témoins eux-mêmes ont d’ailleurs mûri entre le moment du tournage, en 2022, et aujourd’hui. Ils l’affirmaient lors d’une des projections qui a eu lieu en avant-première, à Paris en octobre, à laquelle j’ai assisté. Certains ne se reconnaissaient plus tout à fait dans leur propos, ayant poursuivi leur réflexion : une preuve supplémentaire qu’il n’y a plus rien d’évident ni de parfaitement « naturel » dans la construction des rôles qui nous échoient ?
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