Élections municipales 2026
Les philosophes font-ils de bons élus municipaux ? C’est parti pour un second tour !
Le jeune Jean Jaurès dans les années 1880, alors professeur de Philosophie à l’université de Toulouse; en 1890 il entrera au conseil municipal de Toulouse. © Tallandier / Bridgeman Images
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Les philosophes ont été plus nombreux qu’on ne le croit à devenir maires ou conseillers municipaux. Après avoir évoqué l’action de Montaigne à Bordeaux ou d’Aimé Césaire à Fort-de-France, nous vous détaillons les mandats d’un jeune Jean Jaurès (photo) à Toulouse, de Jacques Ellul à Bordeaux et de Massimo Cacciari à Venise.
Jaurès à Toulouse : priorité à l’école
Parmi les philosophes engagés dans la vie municipale, Jean Jaurès retient l’attention. Il a 31 ans lorsqu’il entre, en 1890, au conseil municipal de Toulouse – ville qu’il connaît bien pour y avoir enseigné – à la faveur d’une élection partielle. Le penseur a déjà un certain bagage politique : il a été élu député en 1885, avant d’être battu aux législatives de 1889. L’expérience lui a donné le goût de la vie publique.
S’il est de plus en plus imprégné par les idées socialistes, il ne revendique pas encore cette étiquette. C’est sollicité par le maire radical que Jaurès se présente sur une liste d’« union républicaine radicale et radicale-socialiste ». Lors de la campagne, il affirme sa volonté de « résoudre les problèmes sociaux » et est élu adjoint à l’Instruction publique avant d’être reconduit à plusieurs reprises. « Certains auraient même envisagé de le porter à la mairie », raconte l’historienne Madeleine Rebérioux dans l’article « Jaurès et Toulouse (1890-1892) » paru dans les Annales du Midi, mais « il ne brigua nullement l’honneur municipal suprême ».