Les rameurs de David Hume

Temps de lecture : 3 min

Les rameurs de David Hume

© Marion Brosse pour PM

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 35 de Philosophie magazine « 35 - hiver 2009 », en kiosque le 29 novembre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans un canot comme en société, nul besoin de s’accorder pour s’entendre. Pour le philosophe des Lumières écossaises, l’intérêt commun motive la convention.

« Deux hommes qui tirent aux avirons d’une barque le font selon un accord ou une convention, bien qu’ils n’aient jamais échangé de promesses », écrit Hume dans le troisième livre du Traité de la nature humaine. Pour faire avancer l’embarcation, il faut calquer son geste sur celui du coéquipier, laisser un certain rythme émerger des mouvements communs et s’y conformer. Nul besoin d’établir un contrat ni de se lier par une promesse pour y arriver. Il suffit de commencer à ramer pour que naisse l’accord.

Convention

C’est l’accord implicite qui relie les membres d’une société, en vue de l’intérêt commun. À la différence de Grotius, Hobbes et Locke, qui conçoivent la convention comme un contrat social assorti de promesses explicites, Hume refuse l’idée d’un pacte originel et solennel qui serait à l’origine de la société.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

ÉtatPolitiquePouvoirUtopie