Manifestations

Les trois familles (philosophiques) des forces de l’ordre

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Paris, le 23 mars 2023. Manifestation contre la réforme des retraites

Paris, le 23 mars 2023. Manifestation contre la réforme des retraites. © Virginie Seiller/Hans Lucas/AFP

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Avec les violences policières, on a parfois du mal à s’y retrouver entre gendarmes mobiles, CRS et brigades motorisées. Or chaque corps a sa propre philosophie, qui réinterprète à sa manière les règles en vigueur. Éclairage avec Victorine de Oliveira.


Depuis le recours par le gouvernement à l’article 49.3 pour faire adopter le projet de loi de réforme des retraites, les témoignages de violences policières s’accumulent, visant les manifestants qui défilent contre la réforme mais aussi qui protestent contre les mégabassines de Sainte Soline, dans les Deux-Sèvres. Le modèle de maintien de l’ordre à la française est à nouveau pointé du doigt pour son usage disproportionné de la force. Incarné par différents corps de police et de gendarmerie, le maintien de l’ordre est censé obéir à des règles précises de proportionnalité et de désescalade de la violence. Mais chaque unité relevant d’un esprit philosophique différent, l’application de ces principes est parfois soumise à des interprétations très différentes.

Plusieurs unités de police et de gendarmerie sont affectées en maintien de l’ordre. Voici les trois principales :

 

Gendarmes mobiles : l’équilibre précaire des contraires

Créés en 1921, les Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) sont la plus ancienne unité dédiée exclusivement au maintien de l’ordre, soit la gestion d’une foule, qu’elle soit rassemblée dans un but festif (une fan zone, par exemple) ou politique (une manifestation). Issus de l’armée, les EGM sont nés d’une volonté de pacifier et de dépassionner le maintien de l’ordre. Avant les années 1920, la réponse aux manifestations était confiée à l’armée, avec tous les signaux et les conséquences négatives que cela pouvait comporter : assimilation de la manifestation à une scène de guerre, absence de légitimité des personnes dans la rue immédiatement associées à la figure d’un ennemi, escalade rapide de la tension entre manifestants et militaires munis d’un équipement impressionnant et létal (armes à feu notamment).

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Police et gendarmerie obéissent-elles à des principes philosophiques ?
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