Élections américaines

“Les trumpistes sont dangereux parce qu’ils font preuve d’une totale absence de honte”

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Résidence Mar-a-Lago, Palm Beach, Floride (États-Unis), le 15 novembre 2022. L’ancien président des États-Unis Donald Trump, après l’annonce de sa troisième candidature à la présidence du pays

Résidence Mar-a-Lago, Palm Beach, Floride (États-Unis), le 15 novembre 2022. L’ancien président des États-Unis Donald Trump, après l’annonce de sa troisième candidature à la présidence du pays. © Rebecca Blackwell/AP Photo/Sipa

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Alors que Donald Trump a annoncé, au lendemain des élections de midterm au Congrès, qu’il briguerait un second mandat à la présidentielle en 2024, le politiste américain Roger Berkowitz, spécialiste de Hannah Arendt, analyse le résultat du scrutin et évalue les chances de succès d’un acteur qui a fait éclater les fondements moraux de la politique.

 

Les républicains comptaient sur une “vague rouge”, couleur de leur parti, pour reprendre le Congrès. Comment expliquer les résultats finalement mitigés qu’ils ont obtenu ?

Roger Berkowitz : Beaucoup s’attendaient à une « vague rouge », en effet. Les plus confiants côté conservateur comptaient sur le fait que les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti au pouvoir, et sur la bonne campagne des républicains, qui ont tablé sur des thèmes populaires auprès des électeurs (l’immigration, le crime, l’inflation). Finalement, les républicains obtiennent seulement une majorité de quelques sièges à la Chambre, tandis que les démocrates sont parvenus à conserver le Sénat. Comment expliquer cela ? Il me semble que ce score mitigé vient avant tout de la radicalité des candidats proposés par les républicains, pour beaucoup adeptes des fake news et contestant la légitimité des élections. S’ils ont été défaits, c’est qu’on assiste à une répudiation du trumpisme de la part des électeurs peu rassurés d’élire des politiciens de ce genre. D’ailleurs, dans les États où des candidats trumpistes s’opposaient à des républicains modérés, ces derniers l’ont souvent emporté de loin.

“On assiste à une répudiation du trumpisme de la part des électeurs peu rassurés d’élire des politiciens de ce genre” Roger Berkowitz

 

Joe Biden s’est félicité du résultat et a parlé d’un “bonne journée pour la démocratie”. Ce résultat était-il important pour préserver la vie démocratique des États-Unis ces prochaines années ?

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