Édito

Liberté, je traquerai ton nom

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Cet article est issu du numéro 102 de Philosophie magazine « À quel point sommes-nous prévisibles ? », en kiosque le 18 août 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Libre ? Vous l’êtes. Oui, vous pouvez jouir de la liberté. Au sens où vous êtes maître d’aller où bon vous semble.

Si vous avez un téléphone portable dans votre poche, vous êtes géolocalisé. Ce qui signifie que votre position géographique est connue, de votre opérateur téléphonique bien sûr, mais aussi de toutes les sociétés qui gèrent les applications de votre smartphone pour lesquelles vous avez activé l’option de géolocalisation. Ces gens-là voient où vous êtes, à quelle vitesse vous vous déplacez et combien d’heures par année vous passez au-dessus des limitations de vitesse. Ils listent aussi les frontières que vous traversez. Ils conservent le tracé de vos trajets quotidiens, qui vont de votre habitation à votre travail, en passant par vos lieux de loisir. De toute façon, les êtres humains empruntent assez mécaniquement, comme les moutons dans leur pré ou les loups en cage, les mêmes circuits, répétitifs d’un jour ou d’une semaine ou d’une saison sur l’autre. On sait où vous étiez hier, où vous êtes en ce moment, où vous serez demain et après-demain à la même heure, voire où vous serez l’été prochain.

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