Dossier

L’improvisation : entre inhibition et stimulation

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Le 15 décembre 2020, le chercheur en sciences de l’information et de la communication Olivier Ertzscheid prend la parole dans un parc public de la Roche-sur-Yon pour sensibiliser à la “profonde détresse psychologique des étudiants”

Le 15 décembre 2020, le chercheur en sciences de l’information et de la communication Olivier Ertzscheid prend la parole dans un parc public de la Roche-sur-Yon pour sensibiliser à la “profonde détresse psychologique des étudiants”. © Loïc Venance/AFP

« Le ministère institutionnalise l’improvisation alors qu’élèves et enseignants ont besoin de sérénité et d’une gestion responsable » : c’est par ces quelque mots que le syndicat majoritaire Snes-FSU a accueilli la décision du gouvernement d’autoriser la modification des modalités du baccalauréat 2021 jusqu’à deux semaines avant l’examen. À la tranquillité d’une organisation bien rodée qui apaise l’incertitude de l’avenir, la nécessité d’improviser nous plonge dans l’embarras, dans dans l’angoisse, comme l’explique Alexandre Lacroix en tête du dossier que nous consacrons, dans notre nouveau numéro, à cette question : « Qu’il s’agisse de business plan, de statistiques, de projections de courbes, de calculs de risque, nous sommes habitués à prendre nos décisions en nous fondant sur la description mathématique du monde la plus étayée possible. Et c’est un levier d’action très puissant. Mais dans une époque mouvante, changeante, où l’avenir comporte une part d’inconnu immense, comme en ce moment… » Il nous faut, en temps de crise, lorsque le réel déraille, renouer avec la « créativité propre » qui émerge des situations qui nous acculent à inventer de nouvelles manières d’être et d’agir : même en pleine crise pandémique, « il est possible de continuer à agir, bien sûr, mais au présent, sans pouvoir dicter sa forme au lendemain. » Un peu d’optimisme au coeur de la confusion !

Improvisation : moins de Descartes, plus de Kerouac !