Maghreb. Marabout
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Cet article est issu du numéro 98 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’être fort ? », en kiosque le 24 mars 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce nom ne désigne pas qu’un drôle d’oiseau. Indifféremment saint homme, lieu sacré ou tombeau révéré, il noue un lien entre humain et divin.
Marabout, de l’arabe merabet, dériverait du mot ribat, ces fortins aux frontières de l’Islam, garnisons de volontaires engagés à défendre leur foi. Au Moyen Âge, les jeunes gens s’engageaient dans les ribat pour une période de leur vie, se réservant des titres au paradis. À la fin du premier millénaire, des centaines de ribat, liés entre eux (tel est le sens de la racine RBT : « lien »), traçaient les limites du territoire des croyants. Par la suite, ils furent transformés en couvents et certains devinrent même des villes, comme la capitale du Maroc, Rbat’ el Fat’h (« fortin de la victoire ») devenue Rbat, Rabat.