L’aventure d’un classique

“Manifeste du parti communiste”. Penser une organisation démocratique

Temps de lecture : 4 min

“Manifeste du parti communiste”. Penser une organisation démocratique

Illustration ©William L. - Marx ©Photo Re-Pubblic/Leemage - Engels ©Whiteimages/Leemage

 

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Au-delà de son aspect insurrectionnel, l’un des aspects les plus novateurs et les plus méconnus du Manifeste du parti communiste est de constituer la classe ouvrière en parti, relève le spécialiste de Marx et d’Engels Jean Quétier. Une structure inédite à l’époque où écrivent les deux penseurs, qui l’imaginent comme une organisation démocratique.

 

« Quelque chose m’étonne systématiquement lorsqu’il est question du Manifeste du parti communiste : on commente les termes “manifeste”, “communiste”, les con­cepts de lutte des classes, de prolétariat et de bourgeoisie… mais on oublie toujours la notion de “parti” ! Pourtant, la réflexion que Marx et Engels mènent sur la question de la constitution de la classe ouvrière en parti politique me paraît absolument centrale. La plupart des lectures du Manifeste font du “parti” un simple courant d’opinion, pas une structure organisée. Or on voit bien, en lisant attentivement le texte, que ce n’est pas de cela qu’il est question. 

Le Manifeste est en premier lieu un texte d’intervention. C’est un document qui émane du Congrès de la Ligue des communistes, une organisation politique que Marx et Engels ont contribué à refonder en 1847 à partir de l’ancienne Ligue des justes basée à Londres. En décembre de cette même année, la Ligue tient congrès et veut donner une ligne directrice à son organisation. Le Manifeste est donc une œuvre de commande. Qualifier le Manifeste de texte d’intervention ne signifie toutefois pas qu’il s’y réduit. On y trouve tout un ensemble d’analyses plus générales sur la dynamique du capitalisme, qui constitue le moteur du développement historique. En cela, il dépasse le statut d’un simple texte d’intervention.

Cet article est réservé aux abonnés