Marc Jongen. Une alternative colérique pour l’Allemagne ?

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Capable d’évoluer à la fois dans les milieux politique et intellectuel, il se définit comme un « amphibien ». Depuis son élection au Bundestag le 24 septembre dernier, en compagnie des 94 autres députés d’Alternative für Deutschland (AfD), celui qui a enseigné pendant quinze ans la philosophie à l’Université d’art et de design de Karlsruhe a été jusqu’au bout de sa mue et participé à une véritable secousse politique en Allemagne. Pour la première fois depuis les années 1930, l’extrême droite refait son entrée au parlement. Avec 12,6 % des voix, l’AfD a elle aussi muté : formée à l’origine sur une base libérale-conservatrice d’alternative à l’euro, elle a déplacé le curseur sur les derniers mots de son nom « für Deutschland », devenant populiste et xénophobe, quitte à voir partir certains de ses fondateurs. Marc Jongen, lui, est resté. Et quand l’AfD envisage de se séparer de Björn Höcke pour ses discours jugés antisémites, le nouveau député s’est même prononcé contre son exclusion… Comment un professeur de philosophie, ancien assistant de Peter Sloterdijk, l’une des grandes voix intellectuelles de l’Allemagne, en est-il arrivé là ?

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