Pensées d'ailleurs

Marteler la rate (Corrèze)

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Cet article est issu du numéro 79 de Philosophie magazine « 79 - mai 2014 », en kiosque le 24 avril 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une longue tradition attribuant des pouvoirs magiques au forgeron a survécu jusqu’à une période récente… dans nos contrées !

Dans bien des mondes, le forgeron était magicien et guérisseur. Fabricant d’une imitation du vivant, notamment les pièces du mouvement, les charnières, les engrenages, les poulies, il était logique qu’il sût aussi restaurer la vie. Mais nul besoin de franchir les frontières pour le voir à l’œuvre, il suffit d’un petit voyage dans le temps.

Gimel, en Corrèze, à quelques kilomètres de Tulle, un peu avant 1900. Gaston Vuillier (1845-1915), ethnographe, dessinateur et militant écologiste avant la lettre, enquête pour une revue, Le Tour du monde. Il est saisi devant l’adresse de Chazal, forgeron, qui est aussi « panseur du secret ». Là, on ne disait pas « guérisseur », mais quelquefois « barreur », « cerneur » ou « metze », mot occitan de même racine que « médecin ». Une nuit, Chazal l’invite à assister au martelage d’une rate.

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