La personnalité
Martin Kunze. Bibliothécaire du monde
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Cet article est issu du numéro 133 de Philosophie magazine « 133 - octobre 2019 », en kiosque le 26 septembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans sa nouvelle Le Congrès (1975), Jorge Luis Borges raconte l’histoire d’une société secrète qui se donne la tâche herculéenne de rassembler l’intégralité du savoir humain. Si l’organisation dépeinte par l’écrivain argentin est fictive, l’idée qui la sous-tend dispose désormais sur Terre d’un représentant en chair et en os. Pour le rencontrer, ce n’est pas à Buenos Aires qu’il faut se rendre, mais en Autriche dans le petit village d’Hallstatt. C’est là, dans les entrailles d’une ancienne mine de sel, que Martin Kunze, artiste spécialisé dans la céramique et « fervent humaniste », a entrepris de sauvegarder sur des tablettes en argile une large quantité d’informations susceptible d’offrir une vision exhaustive de notre civilisation à l’aube du XXIe siècle. Une entreprise titanesque qu’il a appelée « Memory of Mankind » (« Mémoire de l’humanité ») et qui vise à nous préserver d’une future amnésie collective.