Société / Parentalité
Claude Martin : “L’État ne doit pas se défausser de ses responsabilités sur les familles”
Claude Martin. © Thierry Pasquet / Signatures
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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Après les émeutes de jeunes des quartiers difficiles déclenchées par la mort de Nahel l’été dernier, le gouvernement songe à étendre la responsabilité parentale. Une vision répressive contre laquelle s’inscrit le sociologue Claude Martin.
Dès le premier jour, vous avez démissionné de la commission sur la parentalité voulue par le gouvernement, ainsi que vos confrères sociologues Irène Théry et Agnès Martial. Pourquoi ?
Claude Martin : Le cabinet de la ministre de la Famille et de la Solidarité Aurore Berger nous avait invités à participer à des travaux sur les transformations de la vie des familles, sur les enjeux de fécondité, les congés parentaux ou les mesures de soutien aux parents. La veille de l’installation de la commission, nous avons découvert à travers des annonces de la ministre dans La Tribune Dimanche que celle-ci s’inscrivait dans un agenda politique, faisant suite aux émeutes déclenchées par la mort de Nahel, et que le but était de déployer un arsenal de mesures punitives visant les « parents défaillants ». Ce changement nous a vivement alertés.