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Doit-on tout attendre de l’État ?

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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Analyse des termes du sujet

« Doit-on »

Est-ce un devoir, une obligation, une contrainte, une nécessité ?

« on »

Est-ce « nous » collectivement (l’humanité, la société) ou l’individu en général ?

« tout »

Tout et n’importe quoi, ou tout comme condition de possibilité de tout le reste ?

Antonyme : rien.

« attendre »

Termes proches : espérer, exiger, faire confiance à…

« État »

Termes proches : la nation, le pouvoir politique (institutionnel), la communauté politique, l’État de droit…

 

Défrichage

Premières intuitions

Intuitivement, nous pensons que l’État a un pouvoir limité. Face à la mondialisation, par exemple, l’exercice du pouvoir politique sur un territoire donné en restreint l’efficacité. Que peut un État national face à une crise économique mondiale ? Dès lors, tout attendre de l’État, sans aucune forme de discernement, constituerait une exigence indue et excessive, absurde même, et donc impossible à tenir.

Mais inversons la proposition. Que serions-nous en dehors de l’État ? Rien. Ce n’est pas un hasard s’il n’est pas possible de rendre un citoyen apatride… Cela ne signifie-t-il donc pas que toute notre existence dépend de notre appartenance à un État ?

Exemples qui viennent à l’esprit

Dans De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes (1819), Benjamin Constant compare les peuples libres, dotés de représentants politiques, à des hommes riches, assistés par des intendants. Selon lui, il y a une part de l’existence qui doit demeurer nécessairement privée et dont l’État
ne doit pas se mêler.

Dans le documentaire Citizenfour (de Laura Poitras, 2014), le lanceur d’alerte Edward Snowden montre que les citoyens doivent rester méfiants face à un État qui, même démocratique, peut mettre en danger les libertés individuelles sous couvert d’assurer leur sécurité.

Seule l’idéologie totalitaire décrite par Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme (1951) peut prétendre s’occuper de tout. Tout attendre de l’État, c’est demander à celui-ci d’exercer le pouvoir de manière totalitaire, et l’on retrouve dans ce terme le « tout » du sujet.

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