Hors-série "Platon"

"Matrix" et "Truman Show" : le lieu de la révélation

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Contrairement aux prisonniers de la caverne de Platon, les spectateurs de cinéma ne sont ni dupes du procédé ni captifs. Il en va parfois autrement sur l'écran. Ainsi quand dans Matrix l'humanité apparaît prisonnière d'une illusion, la révélation de la machination grandeur nature, lourde d'une forte charge métaphysique, s'avère déstabilisante. Tandis que Truman, héros à son insu, dans Le Truman Show, d'une télé-réalité d'audience mondiale, aura la joie de se soustraire à cette aliénation par la force de sa pensée. Pour de vrai.


Matrix et la fausse allégorie du cinéma

Il est tentant de voir dans la salle de cinéma une duplication de l’allégorie de la caverne. Non, disons-le avec force, la caverne de Platon n’a rien à voir avec une salle de projection. Les spectateurs, au cinéma, ne sont pas captifs. Captivés, on l’espère, mais libres d’entrer comme de sortir, et même prêts à payer leur place. Parfaitement conscients du système de projection, ils ne sont victimes d’aucune illusion, et participent librement à une fiction. Le « pour de faux » à l’écran ne devient « pour de vrai », le temps d’un film, que par leur complicité active et heureuse. Le cinéma a cependant un lien, plus profond, à la caverne de Platon : c’est aussi le lieu d’une révélation spirituelle, d’une illumination toujours possible.

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