Le diable dans les détails

Multiculturalisme Inc.

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Cet article est issu du numéro 62 de Philosophie magazine « 62 - septembre 2012 », en kiosque le 23 août 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À la naissance de l’ethnologie, les mauvaises fées du colonialisme et du positivisme se penchèrent sur son berceau. Elles lui jetèrent un mauvais sort qui vient aujourd’hui frapper une nouvelle discipline managériale, l’« intelligence culturelle ».

La découverte des cultures ne remonte pas plus loin que la seconde moitié du XIXe siècle. Elle se fait sous l’influence conjuguée de la colonisation, de l’évolutionnisme et de la naissance de la sociologie (dans l’ordre que vous voudrez…). On prend alors conscience que coutumes, croyances, usages, langue forment pour ainsi dire le milieu à travers lequel toute société se relie à la nature – de manière différente selon les sociétés. S’opposent aussitôt ceux qui prennent acte de cette diversité et ceux qui recherchent des principes universels derrière elle. Les naturalistes darwiniens inventorient la diversité des espèces culturelles comme ils le font pour les espèces vivantes, alors que les universalistes poursuivent la quête d’une nature humaine derrière ces ramages et plumages.

Presque aussitôt se produit une autre division : entre ceux qui pensent qu’une culture est un tout intégré (des structuralistes avant la lettre) et ceux qui, comme Franz Boas, y voient plutôt un bricolage, la cohérence de la structure tenant aux biais des observateurs qui y projettent plus d’unité qu’il n’y en a.

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