Exercice de rhétorique n° 9

Opposition et contre-argumentation

Temps de lecture : 4 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du Hors-série n°N° 51 de Philosophie magazine « L’art de bien parler », en kiosque le 18 novembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La thèse de mon adversaire est comparable à une assertion, pour lui, à protéger. Ses arguments sont comme les éléments d’une muraille. 

 

Mon but est double : primo, fragiliser cette muraille en m’opposant aux thèses contenues dans les arguments et au lien de causalité entre la thèse principale et les arguments. Secundo, construire une muraille protégeant ma thèse à moi, en faisant appel à des contre-arguments. Il faut bien distinguer les deux activités. L’une est destructive, l’autre constructive.

Devant un couple thèse-argument, si je dis « Oui, mais d’un autre côté… », cela signifie que je valide quelque chose, que je renonce à fragiliser cet élément de la muraille et préfère consolider la mienne, mon « côté » à moi, invitant ainsi l’adversaire à prendre le commandement d’une entreprise de démolition. Dans l’art « éristique » – relatif à la controverse –, c’est un recul, un retrait. Trop tard, j’ai dit « oui ». L’élément de la muraille adverse est indemne.

Pour filer la métaphore du champ de bataille avec les deux forteresses défendant leurs thèses respectives, on pourrait assimiler les arguments à des pans de muraille, les liens logiques au ciment reliant ces pans de muraille à la thèse, et les oppositions (ce que la tradition appelle les « réfutations ») à des projectiles ciblant telle ou telle partie de la muraille. Vertige : les réfutations sont elles-mêmes des thèses, liées éventuellement à des arguments. Il y a donc des champs de bataille dans le champ de bataille. L’activité argumentative est virtuellement sans fin.

Cet article est réservé aux abonnés
Avez-vous percé la muraille des arguments de votre adversaire ?
Les concepts liés à cet article

DélibérationLangage