Entretien

Peine de mort pour les Palestiniens : “Cette loi est régressive et spirituellement inadmissible”, selon Catherine Chalier

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Peine de mort pour les Palestiniens : “Cette loi est régressive et spirituellement inadmissible”, selon Catherine Chalier

Catherine Chalier. © Jérôme Panconi/Opale.photo

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La Knesset a approuvé, lundi 30 mars, une loi qui permet à des tribunaux d’imposer la peine de mort aux individus reconnus comme « terroristes » par Israël, ciblant ainsi les prisonniers palestiniens. La philosophe Catherine Chalier, spécialiste d’études hébraïques et de Levinas, s’insurge contre un tel dispositif.


 

Quelle a été votre réaction en découvrant l’adoption de cette loi par le Parlement israélien ?

Catherine Chalier : Avant tout, j’aimerais préciser qu’il n’est pas encore sûr que cette loi passe. La Cour suprême a parfaitement la possibilité de déclarer son caractère non conforme non pas au regard de la Constitution, puisqu’il n’y a pas de constitution en Israël, mais aux textes fondamentaux du pays. Je fais en particulier référence au texte qui inaugure et définit l’État d’Israël, à savoir la Déclaration d’indépendance. Ce texte donne une ligne directrice, une ressource symbolique pour penser des décisions comme celles-ci. Il est notamment écrit : « L’État d’Israël assurera la plus complète égalité sociale et politique à tous ses habitants sans distinction de religion, de race ou de sexe. » Principe que l’on retrouve d’ailleurs dans la Torah, au Livre du Lévitique : « Il y aura pour vous une seule loi pour l’étranger comme pour le citoyen, car moi l’éternel je suis votre Dieu » (Chapitre 24, verset 22). La loi sur la peine de mort changerait du tout au tout ce qui est prévu par les textes fondamentaux, car de fait (elle ne l’écrit pas), elle viserait les auteurs arabes d’attentats. Elle contient une dimension raciste implicite tout à fait inadmissible. Ce qui m’a enfin choquée dans ce vote, c’est la jubilation des ministres d’extrême droite qui l’a accompagnée. Il n’y a pas de quoi jubiler, c’est honteux. Ces ministres, qui sont d’un nationalisme outrancier, font beaucoup de tort à leur propre pays. 

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