Pendant que j’y pense / décembre-janvier
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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le « Pendant que j’y pense », posé en titre de ce billet, pourrait être moins distrait que nous le croyions. Nous abordions l’exercice l’esprit pensif, glanant ici ou là une page, une idée, une phrase, en guise de mise en appétit de lectures. Ce quelque chose qui nous attache à un livre, comme il nous ferait penser à quelqu’un, ce n’est pas de la vraie pensée, juste une mise en relation. Mais voilà que Frédéric Worms, un philosophe sérieux, nous l’assure : non seulement « penser à quelqu’un » (non pas « à l’Autre » ou « aux Autres »), c’est de la vraie pensée, mais peut-être même la condition de toute pensée. Et si toutes ces pensées qui surgissent « en relations » vécues comme particulières étaient premières pour la philosophie, lorsqu’elle cherche à saisir l’amour, la perte, la méchanceté, l’empathie, le soin, la morale ? Penser à quelqu’un (Flammarion, 300 p., 19 €) est un livre dense, qui se médite comme un art de vivre attentif et scrupuleux. Il nous a fait penser à un autre livre, qui n’a apparemment rien à voir, sur L’Obstination (France Culture-Plon, 140 p., 12,50 €), un dialogue très fin entre Myriam Revault d’Allonnes et la journaliste Adèle Van Reeth. Entre entêtement et persévérance, l’obstination plaide pour la durée. Elle n’a pas le flamboyant du coup de génie ou de la fantaisie, mais elle donne au monde, pas à pas, sa puissance d’exister. Peut-être est-ce ce sens de la durée qui réunit les auteurs de ces deux livres… Et c’est ainsi, en pensant à quelqu’un avec obstination, que nous voudrions partager avec vous ici nos bonheurs de lecture. C’est avec ces mots que nous vous souhaitons de les offrir à quelqu’un… et pourquoi pas à vous-mêmes : « Je pense à toi . »