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Peut-on encore croire au progrès ? Un collectif d’intellectuels répond dans ce livre
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Cynthia Fleury, Pierre-Henri Tavoillot, Étienne Klein, Jean Viard… Sept intellectuels venus de champs disciplinaires différents livrent leur point de vue sur un concept de plus en plus mal-aimé. Une synthèse revigorante qui permet de mieux envisager l’avenir.
- Nous avons cru en lui, nous l’avons même passionnément aimé durant l’époque des Lumières, mais aujourd’hui, force est de reconnaître que ce n’est plus comme avant. La confiance que nous avons placée dans le progrès est sérieusement entamée. Est-il encore raisonnable d’espérer en l’avenir ? Ou le temps est-il venu de dessiller les yeux sur une idéologie qui serait structurellement viciée et nauséabonde ? Et d’abord, de quel « progrès » parle-t-on ? De la croissance économique, de l’innovation scientifique et technologique, du développement de la consommation, des avancées sociales ou de l’extension des droits individuels ?
- Des philosophes mais aussi des économistes, un sociologue et un physicien livrent leur différents points de vue dans cet ouvrage collectif. Cynthia Fleury tire ainsi le bilan de la notion de progrès, qui revêt « le destin de toutes ces grandes idées magnifiques et instrumentalisées, mises à l’index pour insuffisance de résultats », en engendrant un profond ressentiment chez ceux qui ont cru en ses promesses. Faut-il pour autant tout arrêter ?
- De son côté, Jean Viard avertit des dangers que constituerait toute forme de repli sur soi vers le conformisme et la tradition. Il estime que « le passé n’est pas l’avenir du monde », préférant appeler à une alliance du numérique et de l’écologie. De toute façon, il serait aussi difficile d’arrêter de nous projeter dans la perspective d’un progrès que de renoncer à l’idée du perfectionnement humain, assure Pierre-Henri Tavoillot : « Nous avons tous l’envie de progresser, d’être un peu “meilleurs“, idée que l’on projette aussi sur nos enfants, qu’on veut voir grandir », écrit-il, tout en s’inquiétant de la « logique addictive » qui est inscrite au sein de ce besoin d’innovation permanente.
- À moins que notre défiance à l’égard du progrès ne dissimule en réalité, comme le soupçonne l’économiste Claudia Senik, une hostilité plus ou moins explicitée à l’égard du capitalisme en général. Reste alors à inventer – dans le cadre d’un autre livre ? – le concept d’un progrès qui serait indépendant du libéralisme économique.
L’ouvrage collectif Peut-on encore croire au progrès ? vient de paraître aux Éditions de l’aube. 120 p., 14€, disponible ici.