Questionnaire de Socrate
Philippe Starck : homme-objets
Philippe Starck. © Gautier Deblonde / Paris Musées Musée Carnavalet – Histoire de Paris
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Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Je ne suis pas un homme civilisé des villes », confie Philippe Starck, et on le découvre plutôt « animal » inquiet. Le créateur français a pourtant accepté la commande du musée Carnavalet, consacré à l’histoire de Paris. L’institution lui a laissé carte blanche pour organiser la visite : elle se déroule jusqu’au 27 août autour de lieux emblématiques de la capitale et des réalisations du designer… promu récemment « régent de la chaire d’abstraction pratique et de concrétion spéculative » par le Collège de ’Pataphysique. C’est ainsi, avec cette « science des solutions imaginaires », que l’on (re)découvre avec lui une ville inattendue, en allant voir « l’ombre » derrière les monuments et « la mousse qui pousse dans le côté nord ».
Selon vous, quel lieu se rapproche le plus de la cité idéale ?
Elle est dans la tête. Je n’accorde aucune confiance à la matérialité. Tout ce qui nous entoure, du dur au mou, du transparent, de l’opaque, du rouge, du vert, du bleu, du rond ou du triangulaire, n’est qu’un assemblage de molécules animé par un courant électrique. Comment faire quand tout paraît aussi fragile ? Rien n’existe que l’amour. Vivre dans la cité idéale, c’est d’abord être avec la personne que l’on aime.