Internet / Scandale
Pirater, c’est tromper ?
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Cet article est issu du numéro 93 de Philosophie magazine « Être ou avoir ? », en kiosque le 24 septembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En Amérique du Nord, le déballage des données privées des utilisateurs du site de rencontres adultères Ashley Madison pose une question inédite : les hackers vont-ils désormais décider du Bien?
Mi-juillet, des hackers, répondant au nom de « The Impact Team », ont adressé un message de menace à la direction du site canadien Ashley Madison. Ces pirates se vantaient d’avoir récupéré l’ensemble des données utilisateurs du site – des informations très sensibles, Ashley Madison étant le premier site de rencontres adultères en Amérique du Nord. « The Impact Team » lançait un ultimatum : soit le site se résignait à fermer, soit la totalité de ces données serait publiée. « Comme votre site a plus de 37 millions de membres, principalement aux États-Unis et au Canada, une proportion significative de la population va avoir une très mauvaise journée, parmi lesquelles des personnalités riches et puissantes. » (Nota : les paiements s’effectuant par carte bleue, l’identité des clients était traçable, même si leurs adresses e-mails étaient bidons.) Dont acte : les 18 et 20 août, 25 gigabits de données ont été mis en ligne, déclenchant un tsunami de scènes de ménage sur le continent nord-américain.