Biographie

Platon, roi des philosophes

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Platon, roi des philosophes

© Olivier Marbœuf pour PM

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Cet article est issu du numéro 4 de Philosophie magazine « 4 - oct./nov. 2006 », en kiosque le 28 septembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Nous aimerions faire le portrait de Platon, mais l’homme nous échappe dès que nous voulons dépeindre son caractère. Quand il vient au monde, en 428 ou 427 av. J.-C., c’est le début de la guerre du Péloponnèse qui va opposer, pendant plus de trente ans, Athènes à Sparte, et mettre fin à la souveraineté de la démocratie athénienne. Son vrai nom est sans doute Aristoclès, comme son grand-père. Platon serait un surnom que, selon Diogène Laërce, il aurait reçu de son maître d’éducation physique Ariston, le lutteur d’Argos. « À cause de sa constitution robuste » (platos signifie « large »). À moins que ce ne fut en raison de l’« ampleur de son style » ou encore de la « largeur de son front »... À vrai dire, la biographie de Platon est surtout riche de conjectures. Diogène nous dit qu’il n’aimait ni boire ni dormir, s’exprimait d’une « voix grêle » et avait « tant de retenue que jamais on ne le vit rire excessivement » (Vies et doctrines des philosophes illustres). Le poète Amphis lui reprochait de ne savoir « rien faire d’autre que de prendre un air morose en relevant solennellement le sourcil comme les limaçons ». L’idée commune est trop souvent celle d’un ascète méprisant les plaisirs du corps. Ne parle-t-on pas d’amours platoniques ! Pourtant, au début du Phèdre, il nous dit le plaisir de se coucher dans l’herbe, au bord de l’Ilissos, et d’écouter le chant des cigales. D’après les épigrammes amoureuses qu’il leur aurait adressées, on peut déduire qu’il fut épris d’au moins cinq garçons et trois femmes. L’amour d’un beau corps ouvre le chemin vers la beauté la plus haute...

Quoi qu’il en soit, Platon était athénien et de la meilleure noblesse. La famille de son père Ariston prétendait descendre de Codros, le dernier roi légendaire d’Athènes. Sa mère Périctionê descendait de Solon, premier législateur de la cité. Une lignée presque divine... Au reste, dans les écoles platoniciennes, on fêtera toujours l’anniversaire de Platon le jour de la naissance d’Apollon à Délos, le 7 du mois de Thargélion (qui courait de mi-mai à mi-juin). L’anniversaire de Socrate, l’« accoucheur des âmes », était, quant à lui, traditionnellement célébré la veille, jour de la naissance d’Artémis, sœur jumelle d’Apollon et patronne de l’accouchement. Pour le reste, on ne sait rien de certain sur l’enfance et la jeunesse de Platon, sauf que, probablement avant sa vingtième année, il s’attacha à Socrate. Diogène Laërce raconte que, la veille de leur rencontre, « Socrate fit un rêve, dans lequel il avait sur ses genoux le petit d’un cygne [animal emblématique d’Apollon] qui, en un instant, se couvrit de plumes et s’envola en émettant des sons agréables ».

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