Hors-série "Blaise Pascal, l’homme face à l’infini"
Port-Royal et les jansénistes
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Cet article est issu du Hors-série n°n° 42 de Philosophie magazine « Blaise Pascal, l’homme face à l’infini », en kiosque le 01 juillet 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Brève histoire de Port-Royal et du jansénisme, où se mêlent querelles théologiques et luttes avec les Jésuites alliés au pouvoir. À cette âpre bataille Pascal prit notamment part en publiant Les Provinciales, ardent plaidoyer pour la doctrine janséniste doublé d’un implacable et cinglant pamphlet contre les Jésuites.
La naissance du jansénisme s’inscrit dans une longue controverse à propos de la grâce. Les Jésuites, Luis de Molina [1535-1600] notamment, défendent l’idée d’une « grâce suffisante » reprise à Pélage, moine breton du Ve siècle condamné pour hérésie : pour eux, les bonnes œuvres de l’homme, accomplies librement, lui permettent d’accéder au salut. C’est accorder un pouvoir bien trop grand à l’homme pour les augustiniens, représentés notamment par l’humaniste belge Michel De Bay [1513-1589]. Ceux-ci soutiennent au contraire l’idée de « grâce nécessaire » : les hommes ne peuvent trouver la foi, bien agir, et accéder au Paradis que par la grâce de Dieu. Seuls les élus seront sauvés.
Ces controverses épargnent cependant la France, où domine l’augustinisme. En effet, de 1594 à 1603 la Compagnie de Jésus a été bannie du territoire par le roi Henri IV, qui se méfie de cet ordre puissant, caractérisé par un vœu d’allégeance spéciale au pape. En somme, le pouvoir royal est gallican : il revendique son indépendance dans l’organisation de l’Église de France, face aux ultramontains qui mettent en avant l’autorité absolue du pape et la primauté de l’Église romaine.