Le sens de l’histoire

Pourquoi certaines civilisations pratiquaient le sacrifice d’enfants

Temps de lecture : 5 min

Photo du programme archéologique Huanchaco le 27 août 2019 montrant les ossements d’un des quelques 227 enfants, prétendument offerts dans un rituel de sacrifice par la culture précolombienne Chimù, découverts par des archéologues dans le secteur de Pampa La Cruz à Huanchaco (Pérou)

Photo du programme archéologique Huanchaco le 27 août 2019 montrant les ossements d’un des quelques 227 enfants, prétendument offerts dans un rituel de sacrifice par la culture précolombienne Chimù, découverts par des archéologues dans le secteur de Pampa La Cruz à Huanchaco (Pérou). © Programa Arqueologico Huanchaco/AFP

Cet article est réservé aux abonnés.

76 : c’est le nombre de dépouilles d’enfants sacrifiés découvertes récemment près de la ville péruvienne de Huanchaco. Plusieurs centaines d’ossements de même nature avaient déjà été mis au jour sur ce site archéologique, où vivait la civilisation précolombienne Chimù. Mais pourquoi donc sacrifier des enfants ?

 

L’existence de sacrifices d’enfants dans les sociétés anciennes est une réalité attestée. On en retrouve notamment la trace en Amérique, dans les civilisations pré-colombiennes. Georges Bataille évoque ces pratiques dans La Part maudite (1949) : « Les Mexicains immolaient des enfants que l’on choisissait parmi les leurs. Mais on dut prévoir des peines sévères contre ceux qui s’éloignaient de leur cortège, lorsqu’ils se rendaient aux autels. Le sacrifice est fait d’un mélange d’angoisse et de frénésie. » On en retrouve également la trace chez les peuples du Moyen-Orient, sous la forme de rituels consacrés au dieu Moloch, condamnés dans le Lévitique : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch » (Lv 18:21).

Ces pratiques sont associées par la Bible aux Cananéens, mais elles avaient cours, à une époque reculée, chez de nombreuses peuplades de la région : Moabites, Israélites, etc. Les Carthaginois, également, pratiquaient le molk, le sacrifice des nouveaux-nés, pour honorer la divinité Ba’al Hammon lors d’holocaustes publics auxquels se substitueront, avec la domination romaine, des sacrifices animaux (même si les sacrifices d’enfants continueront à avoir cours en privé). Le molk punique, étudié par l’historien Marcel Le Glay dans Saturne africain (1961-66), est mis en scène dans le roman Salammbô (1862) de Flaubert.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

ConvaincreDéismeDieuIllusionMalPouvoirReligion