International
Poutine/Trump : la fable de l’historien et du “deal-maker”
Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump, lors d’une réunion à Helsinki (Finlande), le 16 juillet 2018. © Sergey Guneev/Sputnik/Sipa
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Après la leçon d’histoire de Vladimir Poutine, qui a fait de la Pologne un ennemi séculaire, Donald Trump a sidéré le monde en affirmant qu’il « encouragerait » la Russie à attaquer certains pays de l’Otan. Ces deux discours obéissent à deux logiques opposées – celle du temps long et celle du deal immédiat. Mais ils légitiment tous deux de nouvelles agressions sur le sol européen. Analyse.
Vladimir Poutine a déroulé durant plusieurs dizaines de minutes, face au journaliste américain Tucker Carlson, médusé, sa vision de l’histoire de la Russie. Fidèle à l’historiographie impériale élaborée au XIXe siècle, il fait remonter l’État russe à la principauté de la Rus’ de Kiev au IXe siècle. Cela n’a rien d’inédit dans la bouche du président de la fédération de Russie qui cherche, depuis de nombreuses années, à justifier les prétentions de Moscou sur la majeure partie de l’Ukraine.
Le dirigeant du temps long…
En revanche, son insistance sur le rôle de la Pologne, à diverses époques, est plus neuve. Il souligne notamment l’occupation, durant le Moyen Âge, d’une partie de l’Ukraine actuelle par le royaume de Pologne, et sur la volonté de ce dernier de poloniser et convertir au catholicisme une partie de la « Russie historique ». Ce sont les Polonais qui, pour Vladimir Poutine, ont tout fait pour « introduire l’idée qu’ils ne sont pas tout à fait russes, […] qu’ils sont ukrainiens », « avec brutalité, si ce n’est avec cruauté ».