Politique
Qu’est-ce que la “personnalité autoritaire” chez Adorno ?
Theodor Adorno en 1958. © Franz Hubmann/Imagno/APA-PictureDesk via AFP
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Entre Trump, Poutine, Xi, Milei et les autres, le monde voit émerger des dirigeants dont le succès évoque l’adhésion à une « personnalité autoritaire ». Retour sur ce concept phare de l’École de Francfort, théorisé notamment par Adorno à la suite d’une étude d’ampleur sur la perméabilité au fascisme.
La théorie de la personnalité autoritaire apparaît à la fin des années 1940. Pour essayer de comprendre comment les préjugés raciaux et antisémites ont pu s’imposer dans l’Allemagne nazie, et éviter ainsi le retour du fascisme, l’American Jewish Committee lance une vaste étude dirigée par le philosophe Theodor Adorno (1903-1969), qui collabore pendant deux ans et demi avec trois autres chercheurs de l’université de Berkeley, les psychologues Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson et Nevitt Sanford. Le but de l’étude, qui croise psychologie sociale et science politique et sera publiée dans un livre, Études sur la personnalité autoritaire (1950), est de mettre en évidence, sous les croyances, les valeurs, les préjugés, des tendances irrationnelles de la personnalité et des mécanismes psychiques qui prédisposent les individus à la haine des minorités et les rendent perméables aux idées antidémocratiques et fascistes.