L’inconnu célèbre

Qui êtes-vous, Monsieur Chesterton ?

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Gilbert Keith Chesterton

Gilbert Keith Chesterton. © Giancarlo Costa/Bridgeman Images

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Giorgia Meloni, qui a gagné les élections italiennes, aime citer un penseur britannique paradoxal et brillant, Gilbert Keith Chesterton. Mais ce qui l’attire le plus chez lui, c’est son côté farouchement antimoderne. Portrait d’un inconnu célèbre.

 

« Chesterton a écrit, il y a plus d’un siècle… », clame Giorgia Meloni à la fin de son discours de victoire aux élections générales italiennes. Le temps de chercher sa fiche, elle annonce d’un ton prophétique : « On allumera des feux pour témoigner que deux et deux font quatre. On tirera l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. » Et la probable Première ministre de déclarer fermement : « Ce moment est arrivé. Nous sommes prêts. » Que signifie ce message un peu crypté ? Qui était ce G. K. Chesterton ? Et pourquoi la candidate conservatrice, issue du néo-fascisme, entend-elle placer son mandat sous ce patronage très british ? Voici quelques éléments de réponse.

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), assez peu connu en France, est un écrivain anglais, célèbre en particulier dans le monde anglo-saxon. C’est d’abord un journaliste bon vivant, au sourire moustachu et à l’allure imposante (130 kilos pour plus d’1m90), qui devise avec autant de passion de la chrétienté que de « l’éthique au royaume des Elfes ». Son apologie des légendes et des fées a d’ailleurs beaucoup plu à J. R. R. Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux, lui aussi catholique. Chesterton est un auteur caméléon, qui accède à la célébrité en écrivant les aventures d’un détective, le père Brown. Il aime les paradoxes et s’attarde sur le sens des expressions populaires, où se nichent selon lui la sagesse traditionnelle du peuple, le sens commun de ceux qui ont « le coeur à la bonne place ». Pour ce qui est de sa philosophie, il faut lire son lire Orthodoxie, qui n’est « pas un traité de science ecclésiastique » mais « une sorte d’autobiographie négligée », dans laquelle il expose ses convictions antimodernes.

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