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Responsabilité cognitive

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Responsabilité cognitive

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Cet article est issu du numéro 149 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Responsabilité cognitive » : c’est l’expression utilisée par les rédacteurs d’un rapport remis à Emmanuel Macron le 26 mars pour qualifier l’implication de la France dans le génocide rwandais. Si le document réfute la notion de complicité au sens d’« une volonté de s’associer à l’entreprise génocidaire », il conclut néanmoins à « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes », autant « politiques, intellectuelles, cognitives, éthiques que morales ». Que l’homme soit responsable de ses actes, certes. Mais peut-on être tenu responsable d’erreurs de jugement, quand bien même celles-ci auraient des conséquences dramatiques ? « La responsabilité cognitive découle de l’incapacité mentale à penser le génocide dans sa définition et à le distinguer des massacres de masse », expliquent les auteurs. La faute, en l’occurrence, tient à l’obstination dans « l’aveuglement idéologique », en dépit de la « conscience […] chez une minorité d’acteurs de la gravité des problèmes ». Les autorités françaises se sont cramponnées à une vision du monde aussi rigide qu’erronée : elles ont renoncé à l’exercice du jugement. Elles n’ont pas essayé de penser la situation particulière mais ont plaqué sur elle des préjugés coloniaux. « C'est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal », écrit Hannah Arendt.

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