Revue de presse
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Cet article est issu du numéro 59 de Philosophie magazine « 59 - mai 2012 », en kiosque le 26 avril 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’éternité en ligne
« J’ai commencé à réfléchir à la question d’une vie online après la mort, en allant sur Facebook. Le réseau propose sur la droite de chaque profil une liste des gens que nous sommes supposés connaître et, dans les suggestions qui m’étaient faites, j’ai remarqué au moins deux personnes décédées
– Facebook sait que ces gens sont morts – et il y a une petite mention qui indique “en mémoire de” ; du coup, la page est transformée en mémorial. Je me suis dit qu’il était un peu étrange que, dans la liste, tant celle de mes amis potentiels que celle des gens que je connais, certains d’entre eux soient déjà morts.
Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cela dit de la persistance de l’existence humaine après la mort ? J’ai commencé à réfléchir au fait qu’il y a une scission entre le moi tel que nous l’expérimentons au présent et cette sorte d’être physique et social augmenté que nous sommes par ailleurs. […] À un certain niveau, notre identité en ligne a capté une bonne part de notre identité sociale et relationnelle et l’a préservée, et cela continue d’exister d’une certaine manière. […] Offline, nous avons créé des endroits où nous déposons les morts, des places réservées, mais sur Facebook, ils sont à côté des profils des vivants. Online, les morts ne sont pas dans des cimetières virtuels, ils sont parmi nous. »