Théâtre
Sade en scène
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Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Rares sont les textes du sulfureux marquis adaptés au théâtre. Christine Letailleur s’attaque, sans trahir sa cruauté, à sa Philosophie dans le boudoir, où alternent scènes violentes et passages théoriques.
« La passion du marquis de Sade ne fut nullement l’érotique, ce fut le théâtre », écrit Roland Barthes dans Sade, Fourier, Loyola (Seuil). Cette passion, le théâtre lui-même ne l’a jamais reconnue. Ses textes, absents du répertoire de la Comédie-Française, ne sont pas joués, à l’exception récente de la pièce Oxtiem ou les malheurs du libertinage ou du brûlot Français, encore un effort…, adapté par Charles Tordjman en 1989. Au cinéma, personne n’a suivi Pier Paolo Pasolini dans la traversée de son œuvre. Salo ou les 120 journées de Sodome (1975), son dernier film, transpose l’expérience des limites sadiennes dans l’Italie mussolinienne. La critique visant un amalgame entre sadisme et fascisme a fait dire à Barthes que « Sade n’est pas représentable », car « le fantasme s’écrit, il ne peut se décrire ». Cinéastes et metteurs en scène contournent l’écueil en en faisant un personnage, véhicule des passions révolutionnaires, comme en témoignent Sade, le film de Benoît Jacquot avec Daniel Auteuil, et les pièces Marat-Sade de Peter Weiss ou Sade, concert d’enfers d’Enzo Cormann.