BAC 2013. Corrigé

Série ES : Interprète-t-on à défaut de connaître?

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Éléments de problématisation.

Le sujet oppose assez clairement connaître et interpréter. L'expression « à défaut de » suppose d'abord une forme d'exclusion entre ces deux modes d'appréhension de la réalité : si on interprète à défaut de connaître, cela signifie que l'un se substitue à l'autre (il n'y a donc pas de complémentarité, par exemple). 

L'expression suppose aussi une hiérarchisation entre les deux : si l'on interprète à défaut de connaître, cela signifie que l'on interprète quand on ne peut pas connaître, l’interprétation apparaît alors comme un pis aller là où la connaissance a échoué, ce qui implique également qu’interpréter et connaître ont la même finalité (et non, par exemple, que l'interprétation peut aussi être un mode de compréhension des choses qui pourraient servir un autre objectif et avoir une valeur égale ou supérieure à celle de la connaissance).

Cette opposition entre interpréter et connaître permet de définir assez simplement les notions : là où la connaissance est objective, et renvoie à la science, l'interprétation est subjective, et nous renvoie par exemple à l'art. Là où la connaissance est démontrée, fondée et donc rationnelle, l'interprétation s'apparente davantage à un ressenti, relève de la sensibilité, et ne paraît donc pas à même de produire un savoir.
 

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