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“Sphères d’injustice” de Bruno Perreau : pour un universalisme minoritaire

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“Sphères d’injustice” de Bruno Perreau : pour un universalisme minoritaire

© Éditions La Découverte

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Dans son essai de philosophie politique Sphères d’injustice (La Découverte, 2023), Bruno Perreau repense la question de la justice à partir du livre séminal de Michael Walzer, Sphères de justice. Pour défendre une éthique de l’expérience minoritaire, condition d’un nouvel universalisme plus égalitaire et respectueux des différences.


 

Pourquoi les luttes politiques des minorités, exposées aux discriminations en tout genre, suscitent-elles autant de divisions dans nos sociétés ? Comment rendre justice aux minorités bafouées dans leurs droits, sans lâcher l’exigence d’un universalisme dégagé des crispations identitaires ? Réfléchissant aux polémiques suscitées par la notion de minorité, notamment en France et aux États-Unis, le philosophe Bruno Perreau effectue dans Sphères d’injustice une relecture critique du livre de Michael Walzer, Sphères de justice (1983), pour démontrer en quoi l’expérience de l’injustice peut ouvrir la voie à un « universalisme minoritaire ».

La théorie de la justice de Michael Walzer

Penser la justice, en philosophe, exige d’abord de s’attacher aux théories fondamentales de ces dernières décennies, celles de John Rawls et de Michael Walzer comptant parmi les plus importantes. Dans son livre publié en 1983 et traduit en français en 1997, Sphères de justice, le philosophe américain Michael Walzer s’écarte de son collègue John Rawls, dont le livre Théorie de la justice, publié en 1971, fait alors autorité dans le champ de la philosophie morale occidentale. La réception de l’œuvre de Walzer en France, largement introduite par la revue Esprit, l’associe alors à une nouvelle gauche attachée au multiculturalisme, qui pour ses détracteurs, mettrait en danger le modèle républicaniste français.

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Dépasser les crispations identitaires, avec Bruno Perreau (et Michael Walzer)