Stratagème n°34. Faites des syllogismes

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Cet article est issu du numéro 76 de Philosophie magazine « Peut-on être honnête et réussir ? », en kiosque le 23 janvier 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment s’en servir

Formalisé par Aristote, le syllogisme consiste à déduire logiquement une proposition à partir de deux autres qui ont en commun un moyen terme (« homme » dans l’exemple : « tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel »). L’utiliser, c’est faire preuve d’un sens logique élémentaire qui vous donnera un crédit immédiat. Imaginons qu’on vous accuse de ne pas être solidaire car vous ne donnez pas d’argent aux associations caritatives. Rétorquez : « Les associations caritatives nous demandent de l’argent parce qu’elles ne sont plus subventionnées par l’État. Or je paye des impôts pour, entre autres choses, que ces associations soient aidées par l’État. Donc je ne donnerai rien aux associations caritatives afin que l’État assume ses devoirs vis-à-vis d’elles. » Pour conférer à votre raisonnement toute sa force, prononcez très distinctement les connecteurs logiques : « or » et « donc ». En effet, dès que ces mots sont entendus, tout ce qui a été dit prend une allure rigoureuse et définitive. Les philosophes affectionnent ce genre d’argumentaire qui récapitule une longue thèse en une formule. Ainsi, pour démontrer le bien-fondé de son athéisme, l’anarchiste Bakounine affirmait : « Si Dieu existe, l’homme est esclave. Or l’homme est libre. Donc Dieu n’existe pas » (Dieu et l’État, 1882).

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